Quand les pouvoirs s'emmêlent
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SYNOPSIS

De nos jours, partout dans le monde, un rapprochement s’opère entre les pouvoirs religieux et politique, menaçant ainsi les droits des femmes durement acquis. De la Tunisie au Québec, en passant par la France et les États-Unis, Vincent Graton est allé à la rencontre de femmes et d’hommes avertis pour tenter de comprendre les enjeux d’un sujet complexe et important pour préserver les droits des femmes.  Tout comme Vincent, les spectateurs profiteront des propos éclairants des intervenants pour prendre conscience de l’enjeu et comprendre en quoi l’établissement d’un cadre défini protégeant l’état de l’influence des pouvoirs religieux est une clé de la solution. QUAND LES POUVOIRS S’EMMÊLENT propose ainsi une réflexion pour qu’ensemble, nous puissions laisser en héritage à nos enfants une société basée sur l’égalité et l’ouverture.

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INTERVIEWEUR ET NARRATEUR

VINCENT GRATON      « Pourquoi avoir choisi de te jo»indre à l’aventure?    Je désirais devenir travailleur social. La vie, mes engagements communautaires, le théâtre politique m’ont fait rebondir au conservatoire d’art drama- tique de Montréal. Ainsi va la vie ...    Suis sorti de l’école avec la conviction que le rôle de l’artiste est de témoigner de son époque. Jamais aimé les tapis rouges. Ça m’crispe.    J’y suis pas bien. Préfère explorer les silences des gens, des rues...puis j’aime le bois, la forêt,l’ euve, la nature. C’est d’même.    Mais bon...j’commencerai pas à énumérer mes shows télé, mais disons que j’me suis promené dans beaucoup d’univers dramatiques... que j’ai animé itou ...de tout. Entre autres Ma cara- vane au Canada et Le goût du pays où pendant 7 ans, j’me suis promené de Terre-Neuve à la Colombie Britannique en passant par le Yukon et les Territoires du Nord. J’y ai appris un grand amour, celui d’aller vers les gens pour...les révéler, les mettre en valeur.    En fait, c’est ce que je préfère. Disparaitre pour écouter. Tu comprends?    Servir celui ou celle qui se révèle. Surtout les pasconnus(es). Suis à mon mieux là-dedans.    T’as vu les lms de Perrault? T’as vu Pour la suitedu monde? C’est ça. Ça m’inspire. J’te dis ça du plus humble de mon humblement.    Et puis...que dire de plus...Ai une vie militante... on va appeler ça comme ça.    Pourquoi? Parce que je suis papa de 4.    J’peux pas m’taire.Point final.

VINCENT GRATON

« Pourquoi avoir choisi de te jo»indre à l’aventure?

Je désirais devenir travailleur social. La vie, mes engagements communautaires, le théâtre politique m’ont fait rebondir au conservatoire d’art drama- tique de Montréal. Ainsi va la vie ...

Suis sorti de l’école avec la conviction que le rôle de l’artiste est de témoigner de son époque. Jamais aimé les tapis rouges. Ça m’crispe.

J’y suis pas bien. Préfère explorer les silences des gens, des rues...puis j’aime le bois, la forêt,l’ euve, la nature. C’est d’même.

Mais bon...j’commencerai pas à énumérer mes shows télé, mais disons que j’me suis promené dans beaucoup d’univers dramatiques... que j’ai animé itou ...de tout. Entre autres Ma cara- vane au Canada et Le goût du pays où pendant 7 ans, j’me suis promené de Terre-Neuve à la Colombie Britannique en passant par le Yukon et les Territoires du Nord. J’y ai appris un grand amour, celui d’aller vers les gens pour...les révéler, les mettre en valeur.

En fait, c’est ce que je préfère. Disparaitre pour écouter. Tu comprends?

Servir celui ou celle qui se révèle. Surtout les pasconnus(es). Suis à mon mieux là-dedans.

T’as vu les lms de Perrault? T’as vu Pour la suitedu monde? C’est ça. Ça m’inspire. J’te dis ça du plus humble de mon humblement.

Et puis...que dire de plus...Ai une vie militante... on va appeler ça comme ça.

Pourquoi? Parce que je suis papa de 4.

J’peux pas m’taire.Point final.

LES INTERVENANTS

NORMAND BAILLARGEON    PHILOSOPHE ET AUTEUR      Normand Baillargeon, né à Valley eld, est unphilosophe, auteur à succès et ex-enseignant en sciences de l’éducation à l’UQAM jusqu’en 2015. Il est blogueur, essayiste, militant libertaire, anarcho-syndicaliste, chroniqueur et collabora- teur de revues alternatives et à Radio-Canadade 2011 à 2016. Il s’identi e au mouvementsceptique contemporain, de même qu’à l’anar- chisme. Normand Baillargeon a vécu en Afrique(Cameroun et Sénégal) durant sept ans, entre1962 et 1971; son père y enseignait les mathématiques et l’anglais. Revenu au Québec, il étudie la philosophie et l’éducation, obtenant un doctorat dans chacune de ces disciplines.Certains quali ent Normand Baillargeon de machine à ré échir. L’éducation est une desvaleurs les plus chères à ses yeux. «  C’est ce qui sert à faire des personnes libres, qui servent à faire vivre une démocratie  ». Il insiste sur le fait    que toutes les religions sont sexistes et qu’elles invitent à penser que Dieu ou les innombrables Dieux sont des misogynes. Si, au nom de la tolérance, il faut respecter le choix fait sans contrainte d’adhérer à une religion – au nom de la même tolérance, les incroyants doivent pouvoir librement rappeler, sans être taxés de racisme ou d’islamophobie, ce que les grandes religions disent des femmes, et qui est souvent si horrible. On devrait pouvoir demander aux croyantes et croyants si elles sont au courant de tout cela et, dans l’affirmative, ce qu’ils et ce qu’elles en pensent.      Retraité des sciences de l’éducation de l’UQAM, Essayiste et militant libertaire

NORMAND BAILLARGEON

PHILOSOPHE ET AUTEUR

Normand Baillargeon, né à Valley eld, est unphilosophe, auteur à succès et ex-enseignant en sciences de l’éducation à l’UQAM jusqu’en 2015. Il est blogueur, essayiste, militant libertaire, anarcho-syndicaliste, chroniqueur et collabora- teur de revues alternatives et à Radio-Canadade 2011 à 2016. Il s’identi e au mouvementsceptique contemporain, de même qu’à l’anar- chisme. Normand Baillargeon a vécu en Afrique(Cameroun et Sénégal) durant sept ans, entre1962 et 1971; son père y enseignait les mathématiques et l’anglais. Revenu au Québec, il étudie la philosophie et l’éducation, obtenant un doctorat dans chacune de ces disciplines.Certains quali ent Normand Baillargeon de machine à ré échir. L’éducation est une desvaleurs les plus chères à ses yeux. « C’est ce qui sert à faire des personnes libres, qui servent à faire vivre une démocratie ». Il insiste sur le fait

que toutes les religions sont sexistes et qu’elles invitent à penser que Dieu ou les innombrables Dieux sont des misogynes. Si, au nom de la tolérance, il faut respecter le choix fait sans contrainte d’adhérer à une religion – au nom de la même tolérance, les incroyants doivent pouvoir librement rappeler, sans être taxés de racisme ou d’islamophobie, ce que les grandes religions disent des femmes, et qui est souvent si horrible. On devrait pouvoir demander aux croyantes et croyants si elles sont au courant de tout cela et, dans l’affirmative, ce qu’ils et ce qu’elles en pensent.

Retraité des sciences de l’éducation de l’UQAM, Essayiste et militant libertaire

DIANE GUILBAUT    AUTEURE ET PRÉSIDENTE DE POUR LES DROITS DES FEMMES DU QUÉBEC      Formée en journalisme et en sociologie, Diane Guilbault fut l’une des rares voix à s’opposer publiquement aux conclusions du rapport de la Commission Bouchard-Taylor, selon lequel le débat sur les accommodements raisonnables n’était en fait que «question de perceptions». La vraie discussion, objecte Diane Guilbault, n’a pas eu lieu : celle sur le statut des femmes et leur liberté qui, toujours, font l’objet de ces demandes. Qu’il s’agisse d’encourager les policières às’e acer devant des citoyens, de préférer unhomme pour donner des cours de conduiteou de séparer les garçons et les lles dansles piscines publiques, ces comportements choquent et ne cadrent pas avec une société qui se dit égalitaire. C’est ce que démontre l’auteure dans son essai Démocratie et égalité des sexes. Diane Guilbault est limpide et convaincante sur les liens complexes entre démocratie, laïcité, religion et égalité des sexes. Elle adopte une position critique objective et mesurée, aprèsavoir d’abord dé ni minutieusement les concepts (démocratie, laïcité, égalité, minorité, accommode-ment, etc.) autour desquels s’articule sa ré exion.La chercheuse ne se contente pas d’exposer les problèmes et d’analyser les réponses proposées. Elle avance des solutions pour améliorer les conditions du vivre-ensemble de manière à ce que soient respectés à la fois la liberté de religion des uns et les droits et les valeurs qui obtiennent une large adhésion dans la société québécoise. L’une de ces solutions consiste pour le Québec à armer offciellement le caractère laïc de l’État et de ses institutions.

DIANE GUILBAUT

AUTEURE ET PRÉSIDENTE DE POUR LES DROITS DES FEMMES DU QUÉBEC

Formée en journalisme et en sociologie, Diane Guilbault fut l’une des rares voix à s’opposer publiquement aux conclusions du rapport de la Commission Bouchard-Taylor, selon lequel le débat sur les accommodements raisonnables n’était en fait que «question de perceptions». La vraie discussion, objecte Diane Guilbault, n’a pas eu lieu : celle sur le statut des femmes et leur liberté qui, toujours, font l’objet de ces demandes. Qu’il s’agisse d’encourager les policières às’e acer devant des citoyens, de préférer unhomme pour donner des cours de conduiteou de séparer les garçons et les lles dansles piscines publiques, ces comportements choquent et ne cadrent pas avec une société qui se dit égalitaire. C’est ce que démontre l’auteure dans son essai Démocratie et égalité des sexes. Diane Guilbault est limpide et convaincante sur les liens complexes entre démocratie, laïcité, religion et égalité des sexes. Elle adopte une position critique objective et mesurée, aprèsavoir d’abord dé ni minutieusement les concepts (démocratie, laïcité, égalité, minorité, accommode-ment, etc.) autour desquels s’articule sa ré exion.La chercheuse ne se contente pas d’exposer les problèmes et d’analyser les réponses proposées. Elle avance des solutions pour améliorer les conditions du vivre-ensemble de manière à ce que soient respectés à la fois la liberté de religion des uns et les droits et les valeurs qui obtiennent une large adhésion dans la société québécoise. L’une de ces solutions consiste pour le Québec à armer offciellement le caractère laïc de l’État et de ses institutions.

JULIE LATOUR    AVOCATE      Julie Latour est avocate, admise aux Barreaux du Québec et de l’État de New York. Engagée de longue date pour la justice et la cause des femmes, elle a été bâtonnière du Barreau de Montréal en 2006-2007 et membre du Comité consultatif sur le contenu du Musée canadien des droits de la personne. Sa quête d’égalité n’est pas étrangère à sa relation de militante aux côtés de sa belle-mère, Claire Kirkland-Casgrain, pionnière pour la défense des droits des femmes. Pour Julie, la laïcité pose la question de quel Québec nous voulons pour demain. Elle a co-signé le mémoire des  Juristes pour la laïcité  avec Claire L’Heureux-Dubé et Henri Brun. Elle considère que le port de signes religieux n’est pas un droit fondamental absolu et que l’on peut interdire les signes religieux dans la fonction publique.  Le devenir d’une société nepeut se fonder sur l’exacerbation des di érences,mais sur l’adhésion à un socle commun devaleurs citoyennes. La solidarité sociale qui dé nitle Québec apparaît comme un projet rassembleur. De tout temps, les défenseurs de la laïcité, source de liberté citoyenne et d’égalité entre les hommes et les femmes, ont dû se heurter à l’opinion dominante et, pour reprendre la formule évoca- trice d’Albert Camus, « résister à l’air du temps ». Voilà ce à quoi sont conviés les québécois, pour l’avenir du Québec.     Ex-bâtonnière du Barreau de Montréal

JULIE LATOUR

AVOCATE

Julie Latour est avocate, admise aux Barreaux du Québec et de l’État de New York. Engagée de longue date pour la justice et la cause des femmes, elle a été bâtonnière du Barreau de Montréal en 2006-2007 et membre du Comité consultatif sur le contenu du Musée canadien des droits de la personne. Sa quête d’égalité n’est pas étrangère à sa relation de militante aux côtés de sa belle-mère, Claire Kirkland-Casgrain, pionnière pour la défense des droits des femmes. Pour Julie, la laïcité pose la question de quel Québec nous voulons pour demain. Elle a co-signé le mémoire des Juristes pour la laïcité avec Claire L’Heureux-Dubé et Henri Brun. Elle considère que le port de signes religieux n’est pas un droit fondamental absolu et que l’on peut interdire les signes religieux dans la fonction publique. Le devenir d’une société nepeut se fonder sur l’exacerbation des di érences,mais sur l’adhésion à un socle commun devaleurs citoyennes. La solidarité sociale qui dé nitle Québec apparaît comme un projet rassembleur. De tout temps, les défenseurs de la laïcité, source de liberté citoyenne et d’égalité entre les hommes et les femmes, ont dû se heurter à l’opinion dominante et, pour reprendre la formule évoca- trice d’Albert Camus, « résister à l’air du temps ». Voilà ce à quoi sont conviés les québécois, pour l’avenir du Québec.

Ex-bâtonnière du Barreau de Montréal

KHADIJA T. MOALLA, PHD –    CONSULTANTE SENIOR EN DROIT INTERNATIONAL      Avec plus de 25 années d’expérience dans le développement international dans 20 pays arabes, dont 10 ans dans des postes de direction au sein de l’Organisation des Nations-Unies au niveau régional et national, le répertoire de Dr. Khadija Moalla comprend une vaste expertise en droit international, droits humains et droits des femmes, la gouvernance, les organisations de la société civile et les réseaux au niveau national, régional et international. Elle est choisie en 2011, commel’une des 500 personnalités les plus in uentes de larégion arabe. Pour elle, sans une séparation claire de la religion avec les institutions, les lois et l’État, il n’y aura pas d’avenir pour les Tunisiens. «  Nous nous trouvons à un moment crucial où nous devons absolument faire un choix, qui est celui de la laïcité qui, selon moi, est fondamentale alorsqu’elle gure dans notre Constitution. Or autantl’appliquer ». Quelques jours avant le 7e anniver- saire de la révolution tunisienne, elle déclare: «  Le constat est malheureusement assez amer. Il n’est pas à la hauteur de tous les rêves des Tunisiens. Il est très loin. Or au-delà de la liberté qu’on a acquise, je pense que la plus grande régression c’est d’avoir permis à l’islam politique de gérer notre pays avec les conséquences que l’on sait  ». Khadija plaide pour un débat serein et constructif sur la laïcité, nécessaire à la construction d’une autre Tunisie, plurielle, plus juste, plus équitable.      Leadership, droit international, droits humains, gouvernance, genre et société civile.

KHADIJA T. MOALLA, PHD –

CONSULTANTE SENIOR EN DROIT INTERNATIONAL

Avec plus de 25 années d’expérience dans le développement international dans 20 pays arabes, dont 10 ans dans des postes de direction au sein de l’Organisation des Nations-Unies au niveau régional et national, le répertoire de Dr. Khadija Moalla comprend une vaste expertise en droit international, droits humains et droits des femmes, la gouvernance, les organisations de la société civile et les réseaux au niveau national, régional et international. Elle est choisie en 2011, commel’une des 500 personnalités les plus in uentes de larégion arabe. Pour elle, sans une séparation claire de la religion avec les institutions, les lois et l’État, il n’y aura pas d’avenir pour les Tunisiens. « Nous nous trouvons à un moment crucial où nous devons absolument faire un choix, qui est celui de la laïcité qui, selon moi, est fondamentale alorsqu’elle gure dans notre Constitution. Or autantl’appliquer». Quelques jours avant le 7e anniver- saire de la révolution tunisienne, elle déclare: « Le constat est malheureusement assez amer. Il n’est pas à la hauteur de tous les rêves des Tunisiens. Il est très loin. Or au-delà de la liberté qu’on a acquise, je pense que la plus grande régression c’est d’avoir permis à l’islam politique de gérer notre pays avec les conséquences que l’on sait ». Khadija plaide pour un débat serein et constructif sur la laïcité, nécessaire à la construction d’une autre Tunisie, plurielle, plus juste, plus équitable.

Leadership, droit international, droits humains, gouvernance, genre et société civile.

DELPHINE HORVILLEUR    RABBIN      Delphine Horvilleur est née à Nancy. Ses grands- parents paternels sont originaires d’Alsace- Lorraine et ses grands-parents maternels sont issus des Carpates, «  survivants des camps de concentration, où ils avaient perdu chacun conjoint et enfants  », ayant migré ensuite en France et y ayant fondé une famille. Delphine Horvilleur entame des études de médecine à l’Université hébraïque de Jérusalem, sans les terminer, période pendant laquelle elle est également mannequin, puis étudie le journalisme au CELSA à Paris. Elle travaille comme journaliste à France 2 de 2000 à 2003, y compris au bureau de France 2 à Jérusalem, puis à RCJ de 2003 à 2008 à New York où elle est correspondante. Elle intègre alors, le séminaire rabbinique du mouvement réformé Hebrew Union College à New York. En mai 2008, elle en reçoit son ordination rabbinique(semikha) et devient rabbin du Mouvement juiflibéral de France.  Ce que je suis et non pas ce que dis dérange certains,  dit-elle, évoquant le message d’un jeune homme qui promettait d’envoyer des gens compétents pour l’empêcher de parler...«  Dans toutes les religions, les fonda- mentalistes s’emparent de la pudeur, et plus particulièrement celle des femmes, pour tenter de les contenir et les restreindre aux frontières de leur corps, comme si leurs fonctions physiologiquesles dé nissaient entièrement et devaient êtreplacées sous contrôle, enveloppées par la loi.  » Un documentaire sur elle : Madame La Rabbin a été présenté en 2015 en France.

DELPHINE HORVILLEUR

RABBIN

Delphine Horvilleur est née à Nancy. Ses grands- parents paternels sont originaires d’Alsace- Lorraine et ses grands-parents maternels sont issus des Carpates, « survivants des camps de concentration, où ils avaient perdu chacun conjoint et enfants », ayant migré ensuite en France et y ayant fondé une famille. Delphine Horvilleur entame des études de médecine à l’Université hébraïque de Jérusalem, sans les terminer, période pendant laquelle elle est également mannequin, puis étudie le journalisme au CELSA à Paris. Elle travaille comme journaliste à France 2 de 2000 à 2003, y compris au bureau de France 2 à Jérusalem, puis à RCJ de 2003 à 2008 à New York où elle est correspondante. Elle intègre alors, le séminaire rabbinique du mouvement réformé Hebrew Union College à New York. En mai 2008, elle en reçoit son ordination rabbinique(semikha) et devient rabbin du Mouvement juiflibéral de France. Ce que je suis et non pas ce que dis dérange certains, dit-elle, évoquant le message d’un jeune homme qui promettait d’envoyer des gens compétents pour l’empêcher de parler...« Dans toutes les religions, les fonda- mentalistes s’emparent de la pudeur, et plus particulièrement celle des femmes, pour tenter de les contenir et les restreindre aux frontières de leur corps, comme si leurs fonctions physiologiquesles dé nissaient entièrement et devaient êtreplacées sous contrôle, enveloppées par la loi. » Un documentaire sur elle : Madame La Rabbin a été présenté en 2015 en France.

HAFIDHA CHEKIR ,   JURISTE ET AUTEURE      Ha dha Chekir est docteure en droit public et ensciences politiques et professeure de droit public à la Faculté de droit et des sciences politiques à l’Université Al Manar à Tunis. Elle a obtenu le prix des droits de l’homme de la Société française du Droit international pour sa thèse sur le rôle du droit dans la promotion du statut des femmes. Féministe et engagée, elle a à son actif de nombreux travaux portant sur les droits des femmes, sur le droit de l’environnement, la violence à l’égard des femmes, les droits de l’homme, les droits humains. Elle est la fondatrice de l’Association des femmes tunisi- ennes pour la recherche sur le développement(1989) et membre de la Commission «Femmes»de l’Institut Arabe des Droits de l’Homme. Après la révolution, elle a contribué activement aux travaux préparatoires à la nouvelle Constitution tunisienne, adoptée le 26 janvier 2014. Elle est l’auteure deplus de 40 travaux scienti ques et recherches dontle « Manuel d’initiation à la Convention Interna- tionale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes». « On demande à ce qu’il y ait une séparation entre le      politique et le religieux ... il faut considérer la foi musulmane comme une part de notre identité mais pas comme une source de la loi ...  » En 2014, elle écrit: «  Les droits des femmes constituent un enjeu politique et identitaire important dans le monde arabe. ... toute modernisation de la société passe par les droits des femmes, toute remise en cause de la modernité commence par ces droits et se réalise à leur détriment... Leur statut demeure fragile; les discriminations persistent au nom des traditions ou d’us et cou- tumes empreints de sacralité et de religiosité...  »      Co-fondatrice de l’Association tunisienne des femmes démocrates VP du bureau tunisien de la Fédération internationale des droits de l’homme

HAFIDHA CHEKIR,

JURISTE ET AUTEURE

Ha dha Chekir est docteure en droit public et ensciences politiques et professeure de droit public à la Faculté de droit et des sciences politiques à l’Université Al Manar à Tunis. Elle a obtenu le prix des droits de l’homme de la Société française du Droit international pour sa thèse sur le rôle du droit dans la promotion du statut des femmes. Féministe et engagée, elle a à son actif de nombreux travaux portant sur les droits des femmes, sur le droit de l’environnement, la violence à l’égard des femmes, les droits de l’homme, les droits humains. Elle est la fondatrice de l’Association des femmes tunisi- ennes pour la recherche sur le développement(1989) et membre de la Commission «Femmes»de l’Institut Arabe des Droits de l’Homme. Après la révolution, elle a contribué activement aux travaux préparatoires à la nouvelle Constitution tunisienne, adoptée le 26 janvier 2014. Elle est l’auteure deplus de 40 travaux scienti ques et recherches dontle « Manuel d’initiation à la Convention Interna- tionale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes». «On demande à ce qu’il y ait une séparation entre le

politique et le religieux ... il faut considérer la foi musulmane comme une part de notre identité mais pas comme une source de la loi ... » En 2014, elle écrit: « Les droits des femmes constituent un enjeu politique et identitaire important dans le monde arabe. ... toute modernisation de la société passe par les droits des femmes, toute remise en cause de la modernité commence par ces droits et se réalise à leur détriment... Leur statut demeure fragile; les discriminations persistent au nom des traditions ou d’us et cou- tumes empreints de sacralité et de religiosité... »

Co-fondatrice de l’Association tunisienne des femmes démocrates VP du bureau tunisien de la Fédération internationale des droits de l’homme

HEATHER D. BOONSTRA    DIRECTRICE DES POLITIQUES PUBLIQUES, GUTTMACHER INSTITUTE      Heather Boonstra est directrice des politiques publiques au bureau de Washington de l’Institut Guttmacher. Elle est aussi rédactrice en chef de la revue des politiques de l’Institut, la  Guttmacher Policy Review . Mme Boonstra est diplômée avec grande distinction de l’Université de l’Oregon et détient une maîtrise en religion de l’Universi- té de Yale, où elle a étudié en éthique médicale. L’Institut Guttmacher est un organisme de recher- che et d’implication politique engagé à faire pro- gresser la santé et les droits sexuels et reproductifs aux États-Unis et dans le monde. Le groupe est une branche de Planned Parenthood mais fonctionne maintenant indépendamment bien qu’il ait fré- quemment reçu son soutien. Le travail de Mme Boonstra est étroitement lié à la protection de la vie privée des femmes, de leurs choix et de leurs droits, dont celui de fonder une famille ou non.    Elle a fort à faire présentement, compte tenu dufait qu’aux États-Unis, les e orts législatifs semultiplient pour que les femmes aient de moins en moins de contrôle sur leur choix à la maternité. Des détours sont pris par les États qui ont pour résultat de contrôler la vie privée des femmes. L’avortement et la contraception sont apparem- ment les rares causes capables de réunir lesdi érentes chapelles républicaines, à partir descatholiques conservateurs, aux libertariens, en passant par les candidats  pro business .

HEATHER D. BOONSTRA

DIRECTRICE DES POLITIQUES PUBLIQUES, GUTTMACHER INSTITUTE

Heather Boonstra est directrice des politiques publiques au bureau de Washington de l’Institut Guttmacher. Elle est aussi rédactrice en chef de la revue des politiques de l’Institut, la Guttmacher Policy Review. Mme Boonstra est diplômée avec grande distinction de l’Université de l’Oregon et détient une maîtrise en religion de l’Universi- té de Yale, où elle a étudié en éthique médicale. L’Institut Guttmacher est un organisme de recher- che et d’implication politique engagé à faire pro- gresser la santé et les droits sexuels et reproductifs aux États-Unis et dans le monde. Le groupe est une branche de Planned Parenthood mais fonctionne maintenant indépendamment bien qu’il ait fré- quemment reçu son soutien. Le travail de Mme Boonstra est étroitement lié à la protection de la vie privée des femmes, de leurs choix et de leurs droits, dont celui de fonder une famille ou non.

Elle a fort à faire présentement, compte tenu dufait qu’aux États-Unis, les e orts législatifs semultiplient pour que les femmes aient de moins en moins de contrôle sur leur choix à la maternité. Des détours sont pris par les États qui ont pour résultat de contrôler la vie privée des femmes. L’avortement et la contraception sont apparem- ment les rares causes capables de réunir lesdi érentes chapelles républicaines, à partir descatholiques conservateurs, aux libertariens, en passant par les candidats pro business.

JACQUES BERLINERBLAU    PHD – PROFESSEUR, GEORGETOWN UNIVERSITY      Jacques Berlinerblau a des doctorats en langues et littératures du Proche-Orient ancien et en sociologie théorique. Il a publié sur une grande variété de sujets savants avec une attention particulière à l’hérésie, l’athéisme, la laïcité, la littérature juive américaine et la littérature biblique. De 2007 à 2009, il a écrit le blog  The God Vote , une exploration du rôle de la foi dans la course présidentielle américaine de 2008 pour le site Internet On Faith de  Newsweek . Berlinerblau produit le spectacle  Faith Complex  qui est décrit comme «un dialogue sur l’intersection de la religion, de la politique et de l’art». En 2010, il a lancé un deuxième spectacle avec Sally Quinn du Washington Post , intitulé «The God Vote», qui met l’accent sur les questions de cycle de nouvelles impliquant la foi et la politique. Son travail sur la religion et la politique et l’élection de 2012 estégalement apparu dans le Hu ngtonPost et il apublié cinq volumes: dont  Thumpin’ It: The Use and Abuse of the Bible in Today’s Presidential Politics et How to be Secular: A Field Guide for Religious Moderates, Atheists and Agnostics.     Dans ce dernier livre, il en appelle aux modérés et à ceux qui sont fatigués des belligérances qui perdurent depuis  Nine-Eleven . Berlinerblau souhaite un retour à une longue tradition améri- caine de laïcité qui vise à protéger la liberté de toutes les religions. Sa proposition fait une distinction importante entre l’athéisme et la laïcité. Mais chez une bonne partie des Américains, cette distinction reste à faire.      Professeur et directeur du programme sur la civilisation juive à l’école de Service extérieur Edmund A. Walsh de l’Université de Georgetown.

JACQUES BERLINERBLAU

PHD – PROFESSEUR, GEORGETOWN UNIVERSITY

Jacques Berlinerblau a des doctorats en langues et littératures du Proche-Orient ancien et en sociologie théorique. Il a publié sur une grande variété de sujets savants avec une attention particulière à l’hérésie, l’athéisme, la laïcité, la littérature juive américaine et la littérature biblique. De 2007 à 2009, il a écrit le blog The God Vote, une exploration du rôle de la foi dans la course présidentielle américaine de 2008 pour le site Internet On Faith de Newsweek. Berlinerblau produit le spectacle Faith Complex qui est décrit comme «un dialogue sur l’intersection de la religion, de la politique et de l’art». En 2010, il a lancé un deuxième spectacle avec Sally Quinn duWashington Post, intitulé «The God Vote», qui met l’accent sur les questions de cycle de nouvelles impliquant la foi et la politique. Son travail sur la religion et la politique et l’élection de 2012 estégalement apparu dans le Hu ngtonPost et il apublié cinq volumes: dont Thumpin’ It: The Use and Abuse of the Bible in Today’s Presidential Politics et How to be Secular: A Field Guide for Religious Moderates, Atheists and Agnostics.

Dans ce dernier livre, il en appelle aux modérés et à ceux qui sont fatigués des belligérances qui perdurent depuis Nine-Eleven. Berlinerblau souhaite un retour à une longue tradition améri- caine de laïcité qui vise à protéger la liberté de toutes les religions. Sa proposition fait une distinction importante entre l’athéisme et la laïcité. Mais chez une bonne partie des Américains, cette distinction reste à faire.

Professeur et directeur du programme sur la civilisation juive à l’école de Service extérieur Edmund A. Walsh de l’Université de Georgetown.

ELEANOR SMEAL    PRÉSIDENTE, FEMINIST MAJORITY      Eleanor Smeal, née en Ohio, est une militante féministe, analyste politique et lobbyiste améri- caine. D’origine italienne, son père a émigré de Calabre, en Italie et est devenu vendeur d’assu- rance. Après avoir obtenu son diplôme de la Strong Vincent High School en 1957, Eleanor Smeal asuivi des cours à l’Université Duke. À l’époque, lesfemmes ne représentaient que 25 % des étudiants inscrits. Elle a participé à la lutte pour l’ouverture de l’Université Duke aux femmes et obtenu un PhiBeta Kappa (prestigieux club pour les étudiants brillants) en 1961. Elle est également titulaire d’unemaîtrise en sciences politiques de l’Université deFloride et d’un diplôme honori que de doctorat endroit de l’Université Duke. Elle rejoint la NationalOrganization for Women (NOW) en 1970 et en a étéla présidente de 1977 à 1982 et de 1985 à 1987. Durant cette période, elle a organisé la première marche nationale pour les droits à l’avortement qui a attiré plus de 100 000 militants à Washington. Après avoir quitté NOW en 1987, Eleanor ressent la nécessité d’une nouvelle organisation féministe qui allie la recherche, la sensibilisation par l’éducation et l’action politique. Elle est la fondatrice et présidente de la Feminist Majority Foundation. Elle intervient régulièrement à la télévision et la radio et témoigne devant le Congrès sur des questions féminines. Elle organise de nombreux événements et fait des discours sur les principes du féminisme, l’égalité et les droits de l’homme aux États-Unis et à l’étranger. Depuis 2001, Eleanor Smeal est également l’éditeur du magazine féministe Ms. qui est détenu et publié par la Feminist Majority Foundation.    Elle a fait campagne pour combler l’écart salarial entre les hommes et les femmes et milité pour que la sécurité sociale et les pensions soient plus équitables pour les femmes. Ses activités ont dépassé les frontières et se sont étendues au niveau mondial lorsqu’en 1997 elle lance la Campagne internationale pour mettre un terme àl’Apartheid en Afghanistan a n de contrer les abusfaits aux femmes par les Talibans.      Militante féministe, analyste politique et lobbyiste

ELEANOR SMEAL

PRÉSIDENTE, FEMINIST MAJORITY

Eleanor Smeal, née en Ohio, est une militante féministe, analyste politique et lobbyiste améri- caine. D’origine italienne, son père a émigré de Calabre, en Italie et est devenu vendeur d’assu- rance. Après avoir obtenu son diplôme de la Strong Vincent High School en 1957, Eleanor Smeal asuivi des cours à l’Université Duke. À l’époque, lesfemmes ne représentaient que 25 % des étudiants inscrits. Elle a participé à la lutte pour l’ouverture de l’Université Duke aux femmes et obtenu un PhiBeta Kappa (prestigieux club pour les étudiants brillants) en 1961. Elle est également titulaire d’unemaîtrise en sciences politiques de l’Université deFloride et d’un diplôme honori que de doctorat endroit de l’Université Duke. Elle rejoint la NationalOrganization for Women (NOW) en 1970 et en a étéla présidente de 1977 à 1982 et de 1985 à 1987. Durant cette période, elle a organisé la première marche nationale pour les droits à l’avortement qui a attiré plus de 100 000 militants à Washington. Après avoir quitté NOW en 1987, Eleanor ressent la nécessité d’une nouvelle organisation féministe qui allie la recherche, la sensibilisation par l’éducation et l’action politique. Elle est la fondatrice et présidente de la Feminist Majority Foundation. Elle intervient régulièrement à la télévision et la radio et témoigne devant le Congrès sur des questions féminines. Elle organise de nombreux événements et fait des discours sur les principes du féminisme, l’égalité et les droits de l’homme aux États-Unis et à l’étranger. Depuis 2001, Eleanor Smeal est également l’éditeur du magazine féministe Ms. qui est détenu et publié par la Feminist Majority Foundation.

Elle a fait campagne pour combler l’écart salarial entre les hommes et les femmes et milité pour que la sécurité sociale et les pensions soient plus équitables pour les femmes. Ses activités ont dépassé les frontières et se sont étendues au niveau mondial lorsqu’en 1997 elle lance la Campagne internationale pour mettre un terme àl’Apartheid en Afghanistan a n de contrer les abusfaits aux femmes par les Talibans.

Militante féministe,
analyste politique et lobbyiste

LINA BEN MHENNI    BLOGUEUSE ET MILITANTE    Lina Ben Mhenni est une victime de harcèlement judiciaire dans son pays. Issue d’une famille tunisienne moyenne : son père, Sadok Ben Mhenni, travaille au Ministère du transport. Entre 1974 et 1980, il est emprisonné et torturé, en tant que militant de gauche opposé à la politique du président Habib Bourguiba. Sa mère est ensei-gnante et son frère gure parmi les fondateursde la section tunisienne d’Amnesty International. Pendant ses études en Tunisie, elle commence son blog en 2007 où elle critiquait ouvertementl’ordre établi. En mai 2010, elle plani e avecd’autres blogueurs une manifestation dans le centre de Tunis pour dénoncer la censure. Moins d’une semaine avant la date prévue, des assaillants inconnus ont fait irruption dans la maison des Ben Mhenni.  « Ils ont tout détruit sur leur passage. Le message était clair : quelqu’un voulait me faire taire » . Début 2011, elle se rend à Kasserine pour couvrir les manifestations à travers la ville. Elle était l’une des rares sources médiatiques indépendantes à couvrir les mani- festations et le massacre subi par les manifestants. Ce travail a bâti sa renommée et a fait d’elle un porte-étendard des valeurs de la révolution tunisienne, telles que les droits de l’homme et la dignité humaine. Elle a été pressentie pour le Prix Nobel de la paix en 2011. Maintenant, elle travaille principalement sur une initiative de collecte de livres pour les prisons comme une tentative de promouvoir la culture des droits de l’homme etde lutter contre l’extrémisme. À ce jour, elle acollecté 35 000 volumes et les a donnés à 15 prisons de Tunisie. Selon Lina, la culture est le premier antidote au fondamentalisme. Si les jeunes sont éduqués, ils ne cèdent pas à l’extrémisme.    Lina est vue comme étant «la voix de la révolte tunisienne»

LINA BEN MHENNI

BLOGUEUSE ET MILITANTE

Lina Ben Mhenni est une victime de harcèlement judiciaire dans son pays. Issue d’une famille tunisienne moyenne : son père, Sadok Ben Mhenni, travaille au Ministère du transport. Entre 1974 et 1980, il est emprisonné et torturé, en tant que militant de gauche opposé à la politique du président Habib Bourguiba. Sa mère est ensei-gnante et son frère gure parmi les fondateursde la section tunisienne d’Amnesty International. Pendant ses études en Tunisie, elle commence son blog en 2007 où elle critiquait ouvertementl’ordre établi. En mai 2010, elle plani e avecd’autres blogueurs une manifestation dans le centre de Tunis pour dénoncer la censure. Moins d’une semaine avant la date prévue, des assaillants inconnus ont fait irruption dans la maison des Ben Mhenni. « Ils ont tout détruit sur leur passage. Le message était clair : quelqu’un voulait me faire taire ». Début 2011, elle se rend à Kasserine pour couvrir les manifestations à travers la ville. Elle était l’une des rares sources médiatiques indépendantes à couvrir les mani- festations et le massacre subi par les manifestants. Ce travail a bâti sa renommée et a fait d’elle un porte-étendard des valeurs de la révolution tunisienne, telles que les droits de l’homme et la dignité humaine. Elle a été pressentie pour le Prix Nobel de la paix en 2011. Maintenant, elle travaille principalement sur une initiative de collecte de livres pour les prisons comme une tentative de promouvoir la culture des droits de l’homme etde lutter contre l’extrémisme. À ce jour, elle acollecté 35 000 volumes et les a donnés à 15 prisons de Tunisie. Selon Lina, la culture est le premier antidote au fondamentalisme. Si les jeunes sont éduqués, ils ne cèdent pas à l’extrémisme.

Lina est vue comme étant «la voix de la révolte tunisienne»

FLORENCE MONTREYNAUD    HISTORIENNE ET AUTEURE      Après avoir fait des études à l’Institut d’études politiques de Paris, Florence Montreynaud s’engage, à 22 ans, dans le Mouvement de libération des femmes et au Planning familial à Paris. Le MLF est un mouvement féministe autonome et non-mixte qui revendique la libre disposition du corps des femmes et remet en question la société patriarcale. Avec le MFPF, elle s’engage pour la légalisation de l’avortement et s’occupe de la prise en charge des femmes souhaitant interrompre leur grossesse. Elle va également dans les classes pour des dialogues avec les élèves sur l’éducation sexuelle. En 1977, Florence Montreynaud ouvre une permanence du Planning à Crépy-en-Valois, une petite ville de l’Oise et en 1979, elle est à l’origine de la péti- tion qui a permis l’ouverture à Senlis du centre d’orthogénie, qui dispense des moyens contra- ceptifs et pratique l’IVG. Sa lutte en faveur de la dépénalisation de l’avortement l’incite également à rejoindre le mouvement féministe Choisir, créé en 1971 par Simone de Beauvoir et GisèleHalimi. À la suite de cette épisode en politique,elle devient journaliste indépendante, et préside, de 1986 à 1988, l’Association des femmes journalistes. En 2001, Elle fonde  Encore féministes! , un réseau féministe qui organise chaque 6 décembre à Paris la commémoration du massacre de la Polytechnique de Montréal et commémore aussi le meurtre de Marie Trintignant avec un rassemblement au cimetière parisien du Père-Lachaise.

FLORENCE MONTREYNAUD

HISTORIENNE ET AUTEURE

Après avoir fait des études à l’Institut d’études politiques de Paris, Florence Montreynaud s’engage, à 22 ans, dans le Mouvement de libération des femmes et au Planning familial à Paris. Le MLF est un mouvement féministe autonome et non-mixte qui revendique la libre disposition du corps des femmes et remet en question la société patriarcale. Avec le MFPF, elle s’engage pour la légalisation de l’avortement et s’occupe de la prise en charge des femmes souhaitant interrompre leur grossesse. Elle va également dans les classes pour des dialogues avec les élèves sur l’éducation sexuelle. En 1977, Florence Montreynaud ouvre une permanence du Planning à Crépy-en-Valois, une petite ville de l’Oise et en 1979, elle est à l’origine de la péti- tion qui a permis l’ouverture à Senlis du centre d’orthogénie, qui dispense des moyens contra- ceptifs et pratique l’IVG. Sa lutte en faveur de la dépénalisation de l’avortement l’incite également à rejoindre le mouvement féministe Choisir, créé en 1971 par Simone de Beauvoir et GisèleHalimi. À la suite de cette épisode en politique,elle devient journaliste indépendante, et préside, de 1986 à 1988, l’Association des femmes journalistes. En 2001, Elle fonde Encore féministes!, un réseau féministe qui organise chaque 6 décembre à Paris la commémoration du massacre de la Polytechnique de Montréal et commémore aussi le meurtre de Marie Trintignant avec un rassemblement au cimetière parisien du Père-Lachaise.

HABIB KAZDAGHLI    DOYEN DE LA FACULTÉ DES LETTRES, DES ARTS ET DES HUMANITÉS, UNIVERSITÉ DE LA MANOUBA    Après des études à la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, Habib Kazdaghli obtient une maîtrise en histoire en 1978 puis un diplôme d’études approfondies en 1980. Il soutient en 1988 une thèse de doctorat de troisième cycle en histoire contemporaine puis passe sa thèse d’habilitation en 1999, le plus haut niveau universitaire en Tunisie. Il est d’abord professeur dans plusieurs lycées de Tunisie, puis assistant à l’Université de la Manouba entre 1989 et 1999. En janvier 2000, il devient maître de conférences puis professeur des universités à partir d’octobre 2004. Professeur invité dans plusieurs universités européennes et nord-américaines, dont l’UQAM, il est élu doyen de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de La Manouba en juin 2011, poste qu’il occupe jusqu’en 2017. En 2012, menacé parun groupe d’étudiants sala stes, il devient l’un dessymboles du combat contre le niqab dans l’espace universitaire. Un appel pour un rassemblement de solidarité est lancé pour le soutenir suite aux accusations des étudiants islamistes: une centaine de personnes, militants des droits de l’homme et responsables politiques, sont présents le jour de son procès pour manifester leur soutien. En 2013, il gagne le procès que lui avaient intenté deux étudiantes islamistes qu’il avait exclues des cours pour port du niqab.

HABIB KAZDAGHLI

DOYEN DE LA FACULTÉ DES LETTRES, DES ARTS ET DES HUMANITÉS, UNIVERSITÉ DE LA MANOUBA

Après des études à la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, Habib Kazdaghli obtient une maîtrise en histoire en 1978 puis un diplôme d’études approfondies en 1980. Il soutient en 1988 une thèse de doctorat de troisième cycle en histoire contemporaine puis passe sa thèse d’habilitation en 1999, le plus haut niveau universitaire en Tunisie. Il est d’abord professeur dans plusieurs lycées de Tunisie, puis assistant à l’Université de la Manouba entre 1989 et 1999. En janvier 2000, il devient maître de conférences puis professeur des universités à partir d’octobre 2004. Professeur invité dans plusieurs universités européennes et nord-américaines, dont l’UQAM, il est élu doyen de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de La Manouba en juin 2011, poste qu’il occupe jusqu’en 2017. En 2012, menacé parun groupe d’étudiants sala stes, il devient l’un dessymboles du combat contre le niqab dans l’espace universitaire. Un appel pour un rassemblement de solidarité est lancé pour le soutenir suite aux accusations des étudiants islamistes: une centaine de personnes, militants des droits de l’homme et responsables politiques, sont présents le jour de son procès pour manifester leur soutien. En 2013, il gagne le procès que lui avaient intenté deux étudiantes islamistes qu’il avait exclues des cours pour port du niqab.

KATHLEEN DUMAIS    REPRÉSENTANTE, 15E DISTRICT DU MARYLAND      Kathleen M. Dumais est une politicienne améri- caine et représente le 15ème district de la Chambre des délégués dans l’état du Maryland. Née à La Jolla, en Californie, Mme Dumais a grandi dans le Maryland et a, par la suite, poursuivi ses études à la faculté de droit de l’Université du Maryland. Mme Dumais a obtenu son diplôme de premier cycle du Mount Vernon College à Washington DC en 1980 et son J.D. de la faculté de droit de l’Université du Maryland en 1983. Elle est membre du Maryland Bar en 1987; du barreau de la cour de district des États-Unis pour le district de Maryland en 1990; et du district de Columbia Bar en 1993. Elle est membre du groupe de pratique en litiged’Ethridge, Quinn, Kemp, McAuli e, Rowan &Hartinger à Rockville, Maryland et se spécialise en droit de la famille. Sa pratique comprend desa aires complexes de divorce et de garde. MmeDumais est souvent la meilleure avocate nommée par le tribunal pour les enfants en litige. Elle est    membre de l’American Academy of Matrimonial Lawyers. Récemment, elle a reçu le prestigieux prix du droit de la famille Beverly A. Groner 2010 de a section du droit de la famille et des mineurs du Maryland State Bar Association. Elle a été nommée l’un des 50 meilleurs avocats de divorce dans la région métropolitaine de Washington par le Washingtonian Magazine en Février 2000 et Février 2004, et a été nommée l’une des 100 femmes Top du Maryland en 2005, 2007 et 2009. En tant qu’ancienne enseignante du secondaire, elle continue de travailler avec de jeunes adultes dans le cadre du programme deprocès simulés des écoles secondaires, un e ortconjoint de l’Association des écoles et des barreaux publics du comté de Montgomery.

KATHLEEN DUMAIS

REPRÉSENTANTE,
15E DISTRICT DU MARYLAND

Kathleen M. Dumais est une politicienne améri- caine et représente le 15ème district de la Chambre des délégués dans l’état du Maryland. Née à La Jolla, en Californie, Mme Dumais a grandi dans le Maryland et a, par la suite, poursuivi ses études à la faculté de droit de l’Université du Maryland. Mme Dumais a obtenu son diplôme de premier cycle du Mount Vernon College à Washington DC en 1980 et son J.D. de la faculté de droit de l’Université du Maryland en 1983. Elle est membre du Maryland Bar en 1987; du barreau de la cour de district des États-Unis pour le district de Maryland en 1990; et du district de Columbia Bar en 1993. Elle est membre du groupe de pratique en litiged’Ethridge, Quinn, Kemp, McAuli e, Rowan &Hartinger à Rockville, Maryland et se spécialise en droit de la famille. Sa pratique comprend desa aires complexes de divorce et de garde. MmeDumais est souvent la meilleure avocate nommée par le tribunal pour les enfants en litige. Elle est

membre de l’American Academy of Matrimonial Lawyers. Récemment, elle a reçu le prestigieux prix du droit de la famille Beverly A. Groner 2010 de a section du droit de la famille et des mineurs du Maryland State Bar Association. Elle a été nommée l’un des 50 meilleurs avocats de divorce dans la région métropolitaine de Washington par le Washingtonian Magazine en Février 2000 et Février 2004, et a été nommée l’une des 100 femmes Top du Maryland en 2005, 2007 et 2009. En tant qu’ancienne enseignante du secondaire, elle continue de travailler avec de jeunes adultes dans le cadre du programme deprocès simulés des écoles secondaires, un e ortconjoint de l’Association des écoles et des barreaux publics du comté de Montgomery.

NICOLAS CADÈNE    RAPPORTEUR GÉNÉRAL DE L’OBSERVATOIRE DE LA LAÏCITÉ    L’engagement politique de Cadène est l’héritage d’une longue tradition familiale, composée de juristes et de vignerons et marquée par un enga- gement à gauche. Son grand-oncle, Raoul Allier, a participé à l’élaboration de la loi de 1905. Dès son adolescence, Cadène s’implique dans des associations : Ligue des Droits de l’Homme, Amnesty International, le Samu Social et des asso- ciations locales... « Mes grands-parents étaientpasteurs dans des quartiers di ciles. Ils faisaientbeaucoup de travail social auprès des plus défavorisés. C’est sûr que j’ai appris beaucoup d’eux ». Il suit par la suite la tradition familiale en complétant sa formation de juriste et devient conseiller ministériel et membre du Conseil national du Parti socialiste. Sa carrière publique prend un véritable essor lorsqu’il est repêché en 2013 pour devenir le Rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité. Il est aussi l’auteur du livre paru en 2016 : « La laïcité pour les Nuls, en 50 notions clés. La laïcité garantit aux croyants et aux non-croyants, aux athées, le même droit à la liberté d’expression de leurs convictions. Elle assure aussi bien le droit de changer de religion que le droit d’adhérer à une religion ou de ne pas, ou plus, en avoir. Elle garantit le libre exercice des cultes et la liberté de religion, mais aussi la liberté vis-à-vis de la religion : personne ne peut être      contraint par le droit au respect de dogmes ou des prescriptions religieuses. La laïcité suppose la séparation de l’État et des organisations religieuses et, par ailleurs, l’État —qui ne reconnaît et ne salarie aucun culte— ne se mêle pas du fonctionnement des organisations religieuses. La laïcité doit rester un outil d’émancipation et de rassemblement dans la République. Il faut promouvoir le développement du service civique; au développement de l’enseignement laïc desfaits religieux, à la mise en place e ective del’enseignement moral et civique. »

NICOLAS CADÈNE

RAPPORTEUR GÉNÉRAL DE L’OBSERVATOIRE DE LA LAÏCITÉ

L’engagement politique de Cadène est l’héritage d’une longue tradition familiale, composée de juristes et de vignerons et marquée par un enga- gement à gauche. Son grand-oncle, Raoul Allier, a participé à l’élaboration de la loi de 1905. Dès son adolescence, Cadène s’implique dans des associations : Ligue des Droits de l’Homme, Amnesty International, le Samu Social et des asso- ciations locales... «Mes grands-parents étaientpasteurs dans des quartiers di ciles. Ils faisaientbeaucoup de travail social auprès des plus défavorisés. C’est sûr que j’ai appris beaucoup d’eux». Il suit par la suite la tradition familiale en complétant sa formation de juriste et devient conseiller ministériel et membre du Conseil national du Parti socialiste. Sa carrière publique prend un véritable essor lorsqu’il est repêché en 2013 pour devenir le Rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité. Il est aussi l’auteur du livre paru en 2016 : «La laïcité pour les Nuls, en 50 notions clés. La laïcité garantit aux croyants et aux non-croyants, aux athées, le même droit à la liberté d’expression de leurs convictions. Elle assure aussi bien le droit de changer de religion que le droit d’adhérer à une religion ou de ne pas, ou plus, en avoir. Elle garantit le libre exercice des cultes et la liberté de religion, mais aussi la liberté vis-à-vis de la religion : personne ne peut être

contraint par le droit au respect de dogmes ou des prescriptions religieuses. La laïcité suppose la séparation de l’État et des organisations religieuses et, par ailleurs, l’État —qui ne reconnaît et ne salarie aucun culte— ne se mêle pas du fonctionnement des organisations religieuses. La laïcité doit rester un outil d’émancipation et de rassemblement dans la République. Il faut promouvoir le développement du service civique; au développement de l’enseignement laïc desfaits religieux, à la mise en place e ective del’enseignement moral et civique.»

ZOHRA BITAN    MILITANTE ET AUTEURE    Fille d’immigrés algériens, née en pleine révolution féministe au milieu des années ’60, mariée à unJuif breton et mère de 2 enfants, Zohra Bitan estcadre de la fonction publique territoriale depuis 1989. Elle est l’ancienne conseillère municipale du Parti socialiste de l’opposition à Thiais et ex porte-parole de Manuel Valls pendant la primaire socialiste de 2011. Elle est l’auteur de « Cette gauche qui nous désintègre», paru aux Éditions François Bourin en 2014. Dans ce livre, Mme Bitan raconte : « comment en particulier la gauche mais aussi les politiques publiques n’ont pas fait de politique d’intégration dans les quartiers populaires et ont fait des politiques de pansement durant desannées». Reconnue pour son franc parlé, Zohrane mâche pas ses mots lorsqu’il est question de l’islamisation qui se présente de plus en plus en France.    Dans une entrevue accordée au site d’information française Médiapart, elle dit : «  Moi je n’ai pas de problème avec l’identité nationale, parce que pour moi avoir une identité qui est celle de l’identité de la communauté nationale, cela n’empêche pas d’avoir une identité individuelle, l’histoire qu’on peut avoir en commun n’empêche pas d’avoir une histoire individuelle mais encore faut-il être d’accord avec le fait que le pays dans lequel on vienta sa propre histoire: on ne l’e ace pas. Il ne s’agitpas de soustraire mais d’additionner. Et donc il faut que tout le monde soit d’accord  ».

ZOHRA BITAN

MILITANTE ET AUTEURE

Fille d’immigrés algériens, née en pleine révolution féministe au milieu des années ’60, mariée à unJuif breton et mère de 2 enfants, Zohra Bitan estcadre de la fonction publique territoriale depuis 1989. Elle est l’ancienne conseillère municipale du Parti socialiste de l’opposition à Thiais et ex porte-parole de Manuel Valls pendant la primaire socialiste de 2011. Elle est l’auteur de « Cette gauche qui nous désintègre», paru aux Éditions François Bourin en 2014. Dans ce livre, Mme Bitan raconte : « comment en particulier la gauche mais aussi les politiques publiques n’ont pas fait de politique d’intégration dans les quartiers populaires et ont fait des politiques de pansement durant desannées». Reconnue pour son franc parlé, Zohrane mâche pas ses mots lorsqu’il est question de l’islamisation qui se présente de plus en plus en France.

Dans une entrevue accordée au site d’information française Médiapart, elle dit : « Moi je n’ai pas de problème avec l’identité nationale, parce que pour moi avoir une identité qui est celle de l’identité de la communauté nationale, cela n’empêche pas d’avoir une identité individuelle, l’histoire qu’on peut avoir en commun n’empêche pas d’avoir une histoire individuelle mais encore faut-il être d’accord avec le fait que le pays dans lequel on vienta sa propre histoire: on ne l’e ace pas. Il ne s’agitpas de soustraire mais d’additionner. Et donc il faut que tout le monde soit d’accord ».

KHADIJA CHERIF    SOCIOLOGUE ET EX-PRÉSIDENTE DE L’ASSOCIATION TUNISIENNE DES FEMMES DÉMOCRATES      Khadija Chérif, née à La Marsa, est une socio- logue et féministe tunisienne. Enseignante en sociologie, elle est aussi militante des droits de l’homme et des droits des femmes, active depuis 1982 à la Ligue tunisienne des droits de l’homme, ce qui lui a valu quelquefois d’être agresséesous le régime de Zine el-Abidine Ben Ali, ou d’être soumise à des écoutes, des latures, des convocations à répétition, des con scations depasseports. Khadija n’a jamais porté le voile, ni revendiqué l’Islam pour conduire sa mission, bien au contraire. Elle est démocrate, républicaine et laïque. Elle est au cœur de la société civile tunisienne qui se bat depuis quarante ans pour que le pays change. Le 13 mars 2001, alors dirigeante de l’Association tunisienne des femmesdémocrates (ATFD) et membre du ConseilNational des Libertés en Tunisie, elle a été agressée à la sortie du tribunal de Tunis par des agents de sécurité qui lui ont pris des documents par la force. Le 1er mars, elle avait été battue et insultée en face du siège du CNLT par des agents de sécurité pour empêcher la réunion du CNLT. Tous ceux qui ont été maltraités sous la dictature de Ben Ali sont redevables à Khadija Chérif. Toutes les familles des victimes se souviennent que durant la terreur, sa porte était une des rares à demeurer ouverte. Sa famille et ses amis tremblaient, d’aucun l’a supplia de tout laisser tomber. Peine perdue. «  C’est injuste ! En vérité il faut faire quelque chose !  » Puis larévolution vint et Khadija put en n respirerlibrement et militer sereinement. Lorsque le premier Chef du gouvernement de la première République annonça la composition de son équipe, personne n’osa y croire : Khadija, Ministre de la femme, de la famille et de l’enfance ! Inouï !    Hélas, au lendemain de l’annonce, le parti Ennahdha faisait savoir qu’il ne voterait pas l’investiture. Le chef du gouvernement fut contraint de désavouer son équipe et d’écarter Khadija Cherif. A qui faisait-elle peur ? Assurément aux machistes, aux esclavagistes, aux fascistes,aux sala stes, aux politicards, aux tra quants, aux nostalgiques...      Fondatrice de l’Association tunisienne des femmes démocrates Ministre de la Femme, de la Famille et de l’enfance destituée Ex-secrétaire générale de la Fédération internationale de la Ligue tunisienne des droits de l’homme

KHADIJA CHERIF

SOCIOLOGUE ET EX-PRÉSIDENTE DE L’ASSOCIATION TUNISIENNE DES FEMMES DÉMOCRATES

Khadija Chérif, née à La Marsa, est une socio- logue et féministe tunisienne. Enseignante en sociologie, elle est aussi militante des droits de l’homme et des droits des femmes, active depuis 1982 à la Ligue tunisienne des droits de l’homme, ce qui lui a valu quelquefois d’être agresséesous le régime de Zine el-Abidine Ben Ali, ou d’être soumise à des écoutes, des latures, des convocations à répétition, des con scations depasseports. Khadija n’a jamais porté le voile, ni revendiqué l’Islam pour conduire sa mission, bien au contraire. Elle est démocrate, républicaine et laïque. Elle est au cœur de la société civile tunisienne qui se bat depuis quarante ans pour que le pays change. Le 13 mars 2001, alors dirigeante de l’Association tunisienne des femmesdémocrates (ATFD) et membre du ConseilNational des Libertés en Tunisie, elle a été agressée à la sortie du tribunal de Tunis par des agents de sécurité qui lui ont pris des documents par la force. Le 1er mars, elle avait été battue et insultée en face du siège du CNLT par des agents de sécurité pour empêcher la réunion du CNLT. Tous ceux qui ont été maltraités sous la dictature de Ben Ali sont redevables à Khadija Chérif. Toutes les familles des victimes se souviennent que durant la terreur, sa porte était une des rares à demeurer ouverte. Sa famille et ses amis tremblaient, d’aucun l’a supplia de tout laisser tomber. Peine perdue. « C’est injuste ! En vérité il faut faire quelque chose ! » Puis larévolution vint et Khadija put en n respirerlibrement et militer sereinement. Lorsque le premier Chef du gouvernement de la première République annonça la composition de son équipe, personne n’osa y croire : Khadija, Ministre de la femme, de la famille et de l’enfance ! Inouï !

Hélas, au lendemain de l’annonce, le parti Ennahdha faisait savoir qu’il ne voterait pas l’investiture. Le chef du gouvernement fut contraint de désavouer son équipe et d’écarter Khadija Cherif. A qui faisait-elle peur ? Assurément aux machistes, aux esclavagistes, aux fascistes,aux sala stes, aux politicards, aux tra quants, aux nostalgiques...

Fondatrice de l’Association
tunisienne des femmes démocrates Ministre de la Femme, de la Famille
et de l’enfance destituée
Ex-secrétaire générale de la
Fédération internationale de la
Ligue tunisienne des droits de l’homme

NAZIHA LABIDI    MINISTRE DE LA FEMME, LA FAMILLE ET L’ENFANCE    Après avoir grandi en Tunisie, Naziha arrive à Paris dans les années 1970 où elle avait suivi ses parents. Elle a fait des études de droit à l’univer- sité d’Assas, avant de revenir au pays en 1985. « J’étais au tribunal de Bobigny en 1972,  se souvient la Ministre,  lorsque s’y déroulait le procès contre l’avortement qui a fait date, avec à la barre la célèbre avocate franco-tunisienne Gisèle Halimi. » Trois ans plus tard, elle a battu les pavés de Paris pour soutenir Simone Veil qui luttait pasà pas au Parlement français a n de faire passersa loi en faveur de l’interruption volontaire degrossesse (IVG). C’était des moments exaltantspour la jeune femme qu’elle était à l’époque. Elle a découvert la pensée féministe grâce à des rencontres, mais aussi des lectures. «  Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir et La Politique du mâle par l’Américaine Kate Millett, ont beaucoup compté pour moi , raconte-t-elle,  car ils m’ont permis de prendre conscience de l’aliénation du corps de la femme dans les sociétés modernes. » Mais Naziha Labidi n’oublie pas pour autant ce qu’elle doit à ses racines tunisiennes. «  Je porte aussi en moi,  a rme-t-elle non sans erté,  la tra- dition tunisienne en matière de droits de femmes. »     Naziha est titulaire d’une licence d’enseignement, d’une maitrise en langue vivante et d’un mas- ter en enseignement de l’Université Panthéon- Sorbonne de Paris. Elle fera carrière au sein du gouvernement avant d’être chargée de la condition féminine dans le gouvernement tunisien. Elle est une ministre engagée et progressiste. Les associations féministes locales doutaient de sa capacité à engager des réformes audacieuses pour s’assurer que les femmes tunisiennes puissent continuer à avancer sur le chemin de leur émancipation. Mais depuis son arrivée, de nouvelles lois ont été votées. Le projet de loi sur l’héritage, la loi sur l’élimination de la violence faite aux femmes, le passage de 13 à 16 ans pour le mariage et de la loi relative aux violences sexuelles qui énonçait que si le coupable se marie avec la victime, les poursuites s’arrêtaient. Le doute quant à ses résultats serait relié à son passage avec l’ancien régime. Pourtant son parcours personnel et professionnel est convaincant quant à ses batailles .

NAZIHA LABIDI

MINISTRE DE LA FEMME, LA FAMILLE ET L’ENFANCE

Après avoir grandi en Tunisie, Naziha arrive à Paris dans les années 1970 où elle avait suivi ses parents. Elle a fait des études de droit à l’univer- sité d’Assas, avant de revenir au pays en 1985. «J’étais au tribunal de Bobigny en 1972, se souvient la Ministre, lorsque s’y déroulait le procès contre l’avortement qui a fait date, avec à la barre la célèbre avocate franco-tunisienne Gisèle Halimi.» Trois ans plus tard, elle a battu les pavés de Paris pour soutenir Simone Veil qui luttait pasà pas au Parlement français a n de faire passersa loi en faveur de l’interruption volontaire degrossesse (IVG). C’était des moments exaltantspour la jeune femme qu’elle était à l’époque. Elle a découvert la pensée féministe grâce à des rencontres, mais aussi des lectures. « Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir et La Politique du mâle par l’Américaine Kate Millett, ont beaucoup compté pour moi, raconte-t-elle, car ils m’ont permis de prendre conscience de l’aliénation du corps de la femme dans les sociétés modernes.» Mais Naziha Labidi n’oublie pas pour autant ce qu’elle doit à ses racines tunisiennes. « Je porte aussi en moi, a rme-t-elle non sans erté, la tra- dition tunisienne en matière de droits de femmes. »

Naziha est titulaire d’une licence d’enseignement, d’une maitrise en langue vivante et d’un mas- ter en enseignement de l’Université Panthéon- Sorbonne de Paris. Elle fera carrière au sein du gouvernement avant d’être chargée de la condition féminine dans le gouvernement tunisien. Elle est une ministre engagée et progressiste. Les associations féministes locales doutaient de sa capacité à engager des réformes audacieuses pour s’assurer que les femmes tunisiennes puissent continuer à avancer sur le chemin de leur émancipation. Mais depuis son arrivée, de nouvelles lois ont été votées. Le projet de loi sur l’héritage, la loi sur l’élimination de la violence faite aux femmes, le passage de 13 à 16 ans pour le mariage et de la loi relative aux violences sexuelles qui énonçait que si le coupable se marie avec la victime, les poursuites s’arrêtaient. Le doute quant à ses résultats serait relié à son passage avec l’ancien régime. Pourtant son parcours personnel et professionnel est convaincant quant à ses batailles.

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